Description
Prévenir les problèmes liés aux plantes toxiques au pâturage
Les accidents au pâturage, qui peuvent aller de la simple chute de production à la mort, sont rares et pourraient souvent être évités. C’est l’objet de cette fiche.
Permettre l’expertise des animaux
- Les animaux refusent la plupart des toxiques au pâturage. Ce refus découle de mécanismes d’apprentissage individuels et collectifs basés sur la curiosité et un goût désagréable des toxiques. Il faut donc se méfier d’une part de certaines plantes qui ne sont pas refusées bien que toxiques (colchiques, glands …) et d’autre part des plantes foudroyantes, pour lesquelles l’apprentissage n’est pas possible (if, laurier, datura, belladone).
- Les problèmes peuvent survenir quand les animaux ne peuvent plus trier et choisir ce qu’ils ingèrent.
- Manque de fourrage disponible et appétant : surpâturage, mauvaise gestion du pâturage, chargement excessif, prairie âgée ou souillée.
- Aspect ou goût de la plante modifié : écimage, taille de haie, déchaumage ou curage de fossé…
- Animaux inexpérimentés qui ne connaissent pas les plantes : jeunes, achat de reproducteurs, mise en estive.
Connaître les plantes toxiques
L’intoxication dépend de la plante (espèce, organe) et du type d’animal (bovins, ovins, caprins, équins). Elle dépend aussi des quantités ingérées (« c’est la dose qui fait le poison ») mais pas toujours ! Quelques espèces à éviter absolument :
- Certaines légumineuses affectent les chevaux et la reproduction des petits ruminants. Les inflorescences de galéga officinal (= sainfoin d’Espagne) sont toxiques pour tous les herbivores.
- Parmi les arbres et ornementales courantes, l’if, le laurier, le datura, le buis, le robinier faux-acacia, le raisin d’Amérique (non refusé par les animaux), le thuya, les érables (pour les équins), les glands (pour les bovins).
- On peut citer également les oenanthe safranée (racines), lierre, fougère mâle et fougère aigle, prêles, séneçon de Jacob, belladone, morelle noire, porcelle enracinée (pour les chevaux, très commune), mercuriale, millepertuis, colchique…
Cette liste n’est pas exhaustive. N’hésitez pas à consulter les sites spécialisés.
Des espèces toxiques, à éviter absolument
Des conseils pour réussir
Offrir un pâturage sécurisant : moins il y a de toxiques, mieux c’est !
- Maintenir le potentiel fourrager de la prairie (gestion, chargement). En prairies permanentes, effectuer un diagnostic prairial en cas de dégradation.
- Privilégier les espèces fourragères et champêtres aux espèces ornementales.
- Broyer les bords de parcelles.
- Sécuriser les clôtures et barrières pour éviter les divagations d’animaux.
- Aller voir ses animaux au pâturage !
- Traquer les toxiques ou les mettre hors de portée dans le temps (ex : quitter une parcelle entourée de chênes avant la glandée à l’automne).
- En cas de forte présence d’une plante toxique, se renseigner sur le maintien ou pas de sa toxicité après fauche. Cela permettrait de limiter sa prolifération. En cas de problème et en attendant le vétérinaire : charbon actif + identifier la plante pour soutenir l’organe atteint. Ne pas donner d’antidotes.
Impacts pour la durabilité
- Prévenir l’intoxication, c’est éviter de perdre des animaux ou de voir leurs performances réduites.
- Contrôler les plantes toxiques ne nécessite pas d’interventions chimiques.
- Connaitre et maitriser les plantes toxiques dans ses parcelles ou dans les alentours, c’est moins de stress au quotidien.
Quelques références
- Centre AntiPoison Animal de l’Ouest – 02 40 68 77 40
- Plantes toxiques. Végétaux dangereux pour l’homme et les animaux – J Bruneton. Lavoisier, 2009.
- Sites et applications Pl@nt Net, tela-botanica.org
- Les plantes toxiques : le danger est dans le pré – GDS Pays de Loire, 2015.
- Réseau d’épidémio surveillance en pathologie équine